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17/07/2008

Corridor de Rhode ou "diamant"

Puisque il semble que l’imagination ait son rôle à jouer, voici quelques idées qui me paraissent ne pas encore avoir été évoquées, du moins publiquement. Elles sont relativement contradictoire entre elles mais chacune a son intérêt au niveau où elles peuvent être lues. 1. Limites des Régions : Un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie semble représenter une défaite symbolique majeure pour les Flamands ; maintenir la situation actuelle, un risque pour les Francophones en cas de scission complète future. On pourait trouver un compromis utilisé déjà dans les accords de Dayton, en Bosnie-Herzégovine, à savoir un dessin en « pointe de diamant » ou les trois régions se terminent en un point virtuel au centre d’un carré, avec Uccle au Nord, Waterloo au Sud, Rhode à l'Ouest et Hoeilaert (ou Rhode) à l'Ouest. 2. Si les Flamands ne veulent rien céder en terme de territorialité pour les communes à facilité autour de Bruxelles, de meilleures garanties à l’avenir doivent être fournies aux Francophones. On a vu ces dernières années que l’engagement formel ne suffisait pas (circulaires Peeters et autres). On pourrait trouver un système de cogestion entre le ministre flamand sur ces matières et un ministre flamand du gouvernement bruxellois. Cela rassurerait les Flamands de Flandre, et d’autre part : 1. mouillerait quelque peu les Flamands bruxellois, 2. ceux-ci étant en général assez attachés à la région bruxelloise et à ses jeux d’équilibre, ils garantiraient indirectement les droits des francophones sous peine de conflits au sein de la Région bruxelloise (éviter si possible un ministre bruxellois flamand extrémiste). 3. Une grande communauté urbaine bruxelloise comportant une quarantaine de commune, actuellement bruxelloises, flamandes ou wallonnes, avec quatre zones : une correspondant aux 19 communes, une correspondant aux communes à facilité, une correspondant aux communes flamandes sans facilités, une pour les communes wallonnes. Les zones linguistiques seraient conservées sur le mode actuel, avec leurs caractéristiques uni- ou bilingues. Chacune des zones aurait son assemblée compétente pour ce qui concerne la territorialité et l’emploi des langues. Les Cocof, Cocon et autre Cocom seraient étendues sur l’ensemble. Les mêmes parlementaires seraient compétents pour toutes les assemblées dans lesquelles ils siégeraient à tour de rôle. Le tout serait chapeauté par une assemblée régionale paritaire. A peu de choses près, la complexité belge serait ainsi réduite à une complexité bruxelloise, à laquelles les habitants de la Capitale sont de toute manière habitués depuis longtemps. 4. La tache d’huile fait peur ? La ville est dynamique, multiculturelle, sa démographie est positive depuis quelques années, elle s’étend pour des raisons qui tiennent à l’urbanisme et la sociologie et non avec une quelconque visée de conquête coloniale. Les règles de l’Union européenne permettant la libre circulation des personnes ainsi que la protection des minorités ne protègent guère l’intégrité « ethnique » des territoires adjacents, ce qui peut ne pas rassurer quant à l’envahissement de son territoire par des habitants ne souhaitant pas forcément s’assimiler. On peut comprendre que cela soit psychologiquement assez déplaisant. Mais les Flamands ont, me semble-t-il, deux exigences contradictoires qui sont difficiles à satisfaire : maintenir le Carcan d’une part, contrer la Tâche d’Huile de l’autre. Ne serait-il pas plus intelligent pour eux d’ « ouvrir » Bruxelles vers le Sud en cédant par exemple Rhode uniquement, et en favorisant tous les axes de communication possibles afin de pousser les Bruxellois à s’établir au Sud plutôt qu’au Nord ? Le centre de gravité pourrait ainsi se déplacer progressivement vers le Midi et soulager la pression vers leurs zones. Quel intérêt y a-t-il à maintenir un tel carcan sinon avec une vision de reconquête à très long terme ? Cela maintient une mentalité d’assiégé à la Berlinoise, plutôt contre-productive de leur point de vue à mon sens. Et trois très bonnes idées me semble-t-il déjà citées par d’autres : - préparer un état confédéral voire l’indépendance à terme : sur dix ou quinze années. Cela permettra à chacun de se préparer tout en sachant vers quoi on va. - Utiliser au maximum l’anglais comme langue de communication entre Belges : cela fonctionne très bien en pratique et réduit les suspicions réciproques. Une administration bilingue français - ou néerlandais/anglais partout sur le territoire belge serait un très beau geste. - Aider les Flamands à gérer tant que faire se peut la Tâche d’Huile, en évitant tout réflexe annexionniste qui ne peut que crisper nos interlocuteurs. lebono Kraainem

11:48 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

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